Vers la fin de l' Amazonie ?? Le dernier combat de Raoni et le pillage de la pharmacopée amazonienne

Publié le par Isabella-Vegan-♥

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où vous trouverez les dernières nouvelles concernant la construction du Barrage BELO MONTE , LES PETITIONS à signer et de nombreuses informations actualisées.

 

Merci de prendre part à la protection de l'Amazonie et de ses tribus  qui méritent respect et protection de la communauté internationale au lieu d'être exploitées et pillées au niveau de leur ressources naturelles et de leur savoir médécinal.

Raoni: le dernier voyage du dernier grand chef

 

En quarante ans de combats pour la démarcation de son territoire - 200 000 km² entre les Etats brésiliens du Para et du Mato Grosso - le vieux cacique (chef) de la tribu des Kayapos a appris la puissance des mots et des images. Il y a trois jours, quittant Monaco où il s'est entretenu avec le Prince Albert II, il passe par Cannes et se paie le luxe de monter les marches, profitant des murailles de photographes qui mitraillent à tout va.

Opération tapis rouge réussie! «J'ai été très content de voir l'endroit où mon film a été montré pour la première fois».

 

En effet, «Raoni», documentaire de son ami le cinéaste et journaliste Jean-Pierre Dutilleux, projeté en 1977, fut à l'origine de sa notoriété.

 

De l'âge de la pierre à l'ère spatiale
En ce vendredi pluvieux, toujours flanqué de Jean-Pierre Dutilleux, alias Kritako (l'homme au nez en lame de couteau), qui a recueilli et rédigé ses mémoires, nous le rencontrons à la librairie Payot de Fribourg, à l'occasion d'une séance de signatures. Il l'a dit à ses guerriers: «Laissez-moi discuter avec les Kuben (Blancs), récolter de l'argent pour la création de notre Institut, n'entrez pas en guerre. Il faut être pacifique.»

Coiffé de sa parure de plumes d'ara (jaunies grâce à des décoctions de grenouille), perles blanches aux oreilles, il parle le peu de portugais qu'il a consenti à apprendre. D'abord attirés par les mouvements du labret, ce plateau labial qui signifie que celui qui le porte est prêt à mourir pour sa terre, les yeux très vite restent fixés sur le regard, volontaire et malicieux.

Il y a quelque chose d'irréel à le voir apposer son paraphe sur la page de garde du livre en guise de dédicace. Son signe, pour être exact, un «R» entouré de deux cercles, le seul qu'il ait jamais appris à tracer, lui qui ne sait ni lire, ni écrire, ni compter.

Un léger vertige vous saisit face à cet homme qui, pour défendre «la forêt, l'avenir des Indiens et de tous les Blancs», a franchi bien plus que 9000 km.

En une vie, Raoni a traversé 5000 ans d'histoire, de l'âge de pierre à l'ère spatiale. Lorsqu'il est encore enfant (il est né vers 1930), sa tribu ne maîtrise pas encore le feu. «Nous ramassions les braises laissées par la foudre», raconte-t-il. «Un jour, un couple a réussi à créer le feu avec du bois et de l'étoupe.» Les Blancs n'existent pas encore. Seuls les récits transmis de générations en générations évoquent l'arrivée des «bateaux poussés par de grands tissus, avec des canons», l'arrivée des conquistadores devant lesquels ses ancêtres reculeront à l'intérieur des terres, abandonnant les rivages de la «grande lagune salée».

 

Il rit soudain: «Le premier Blanc que j'ai vu était à cheval, j'ai cru qu'il avait deux têtes et quatre pattes!» Le premier «oiseau de fer», le premier fusil, les premières maladies aussi, et son étonnement le jour où Jean-Pierre Dutilleux lui explique que la Terre est ronde, et indique sur un planisphère l'emplacement de son territoire.

 

Sauvegarder une culture
Les chocs culturels sont immenses, mais il encaisse, assimile, digère, et en tire un principe qui devient la colonne vertébrale de son action: «Il est inutile de combattre les Blancs, mieux vaut les connaître puisqu'on ne peut pas les chasser, mais sans vivre comme eux. Sinon, nous perdrons notre culture, nous passerons pour des idiots et nous ne serons plus respectés.» Toujours en quête d'un successeur, il envisage d'aller prospecter les quelques tribus encore coupées du monde, afin de trouver et former «un Indien pur, et pas un jeune déjà contaminé par les Blancs.»

Il se rend à Brasilia, souvent. Et gagne, souvent.

 

Décret après décret, il obtient en 1993 la démarcation du territoire Xingu. Des bornes sont plantées, des postes de guets dispersés par la Funai, la Fondation nationale de l'Indien. Mais la continuité est mise à mal par le tournus des responsables, qui ne font pas tous preuve de la même sensibilité à la cause indienne.

 

 En premier lieu, l'actuel président Lula da Silva: «Cet homme ne s'intéresse pas au problème de l'Amazonie, il n'y a jamais eu autant de déforestation que depuis qu'il est là. C'est aussi lui qui permet le projet de barrage qui inonderait une grande partie de la réserve Xingu, les arbres, les plantes, les animaux, et nous.»

 

Chirac fidèle, Sarkozy inconstant
Des chefs Blancs, il en a rencontré beaucoup.

 Certains fidèles, comme Jacques Chirac, soutien indéfectible depuis vingt ans. «Il va appeler Lula, et grâce à son immense carnet d'adresses, contacter de grands industriels pour les associer à la défense de la forêt amazonienne, explique Jean-Pierre Dutilleux.

Déjà des partenariats sont conclus avec Renault, Accor et Aviva, qui vont soutenir le projet d'Institut Raoni.» D'autres brillent par leur inconstance, comme Nicolas Sarkozy, qui l'avait invité devant les caméras lors d'un voyage officiel à Brasilia en septembre dernier. Mais depuis l'arrivée de Raoni le 3 mai, le président français, soucieux d'assurer la vente de vingt Rafales au Brésil, botte en touche, organisant à la sauvette une brève rencontre avec François Fillon demain matin.

 

 Ou Sting, dont il a été sans nouvelles durant vingt ans, avant que le chanteur, prié de s'expliquer sur la gestion de certains fonds, ne le fasse revenir sur scène à São Paulo l'an passé, l'appelant «mon père»... et lui délivrant un «petit chèque».

 

Prononcez son nom et aussitôt le labret se lève en signe de fermeture et d'hostilité.

 

Il ne faut pas jouer avec lui. Le cacique sait aussi rappeler qu'il peut être un redoutable chef de guerre. Contre les incessantes incursions illégales des garimpeiros (chercheurs d'or), des pêcheurs, des éleveurs, des planteurs de soja, des seringueros (récolteurs de latex), coups de massue et coups de fusils ont été fréquents. Des campements rasés, des colons massacrés. Il y a dix ans, Jean-Pierre Dutilleux se souvient avoir empêché in extremis la mise à mort de pêcheurs. Les menaces contre le barrage ne sont pas à prendre à la légère.

 

 

 

J'aurais détesté être...
«Une personne qui dit du mal des autres, cherche la dispute, provoque les problèmes. Je n'aurais vraiment pas voulu être quelqu'un qui déclenche les guerres plutôt que de discuter. Avant de mourir, mon père m'avait dit que pour être un grand guerrier, tu dois toujours te contrôler pour ainsi mieux contrôler les autres.

 

C'est comme cela que tu deviens un grand chef. Tu ne peux pas devenir un guerrier qui se bat pour n'importe quoi et qui crée des confusions, non!»

 

J'aurais rêvé d'être...


«Un jaguar, le plus beau et le plus puissant animal de la forêt. Pour avoir sa force et son invincibilité.»

 

 

 

 

source : http://www.lematin.ch/actu/monde/raoni-dernier-voyage-dernier-grand-chef-275907

 

 

 

Raoni Metuktire

Raoni à Lille (France) lors de l'une de ses tournées de sensibilisation européennes en mai 2000

 

 

Raoni Metuktire, né vers 1930, est un chef de la tribu ou peuple des Kayapos qui vit dans la forêt amazonienne sur le territoire du Brésil.

C'est en 1954 que Raoni Metuktire et les Indiens Kayapos rencontrent pour la première fois des Occidentaux.

Depuis la fin du XXe siècle, Raoni Metuktire est mondialement connu pour sa lutte pour la préservation de la forêt amazonienne gravement mise en danger par la déforestation anarchique, l'avancée des cultures de soja et les barrages hydroélectriques. Son action a été efficacement médiatisée grâce à l'aide du chanteur Sting qui participe à la création, en 1989, avec son épouse Trudie Styler, de la Rainforest Foundation. Cette année-là, grâce à la présence du chanteur britannique, Raoni peut diffuser son message à l'échelle planétaire. Douze Fondations Forêt-vierge ont alors été créées dans le monde avec pour objectif de récolter des fonds pour aider à la création, dans la région du Rio Xingu en Amazonie, d'un parc national d'une superficie d'environ 180 000 km² (soit près d'un tiers de la superficie de la France).

C'est en 1993, suite à l'engouement suscité par son tour du monde que le parc, situé sur le territoire des États du Mato Grosso et du Pará, est créé et constitue l'une des plus grandes réserves de forêts tropicales. Toutefois, la déforestation se poursuit et s'accentue dans les zones non protégées en menaçant à nouveau celles qui le sont déjà. À la suite de cette première campagne, le G7 débloque également des fonds pour la démarcation de toutes les réserves indigènes du Brésil même si ce projet n'est pas encore achevé à ce jour.

Raoni lors d'une conférence au Brésil en avril 2006

 

Au-delà de ces résultats, l'un des succès les plus remarquables de cette tournée est la prise de conscience du grand public de la nécessité de protéger la forêt amazonienne et ses populations autochtones.

 

Le président François Mitterrand a le premier soutenu son initiative, suivi par Jacques Chirac, Juan Carlos d'Espagne, le prince Charles et le pape Jean-Paul II.

 

Raoni, devenu l'ambassadeur du combat pour la protection de la forêt amazonienne a depuis effectué de nombreux autres voyages à travers le monde, principalement en Europe où son message semble recevoir le plus d'échos. Lors de ses interventions médiatiques, on le voit toujours dans le costume traditionnel de sa tribu, le visage peint, coiffé d'une couronne de plumes jaunes et portant le labret, disque de bois inséré dans la lèvre inférieure.

 

Maintenant âgé, le chef Raoni est épaulé dans son combat par son petit neveu, Bepkamro Metyktire.

 

Lors d'une interview à TF1 diffusée à l'occasion de sa dernière tournée européenne en mai 2010, il a déclaré la guerre au projet de barrage de Belo Monte qui menace les territoires indigènes autour de la rivière Xingu dans l'état du Pará au Brésil et réaffirmé sa détermination à protéger la forêt amazonnienne d'un désastre majeur: « J'ai demandé à mes guerriers de se préparer à la guerre, j'en ai parlé aussi aux tribus du Haut Xingu. Nous ne nous laisserons pas faire. Nous irons tuer les Blancs qui construisent ce barrage ».

 

En mai 2010, il monte les marches du Festival de Cannes pour le film Tournée de Mathieu Amalric dans le cadre de la promotion de son livre "Raoni, mémoires d'un chef Indien".

 

 

 

Les pirates des temps modernes ont bien changé, l'objet de leurs convoitises touche désormais des gènes et des plantes.

 

La "biopiraterie" consiste à envoyer en mission des biologistes dans les coins parfois les plus reculés de la planète pour qu'ils recensent des plantes médicinales auprès des chamanes guérisseurs.

Grâce à ces données, les laboratoires pourraient se contenter de créer artificiellement une molécule, mais parfois, ils vont beaucoup plus loin et cherchent à breveter l'utilisation même de la plante ! Une plante dont l'usage est transmise oralement dans les tribus indigènes depuis des millénaires.

En déposant des brevets, les laboratoires occidentaux s'approprient ainsi un patrimoine naturel, perçoivent des royalties, bloquent leurs concurrents, mais privent également les populations locales de leurs droits d'utiliser librement ces plantes.

Pourtant, ces pratiques ne datent pas d'aujourd'hui.

 

Le premier cas de biopiraterie remonte à 1630. A cette époque, les jésuites espagnols ont importé du Pérou un arbre, le quinquina, dont on extrait la quinine. Cette découverte a permis de lutter partiellement contre la malaria en Europe, sans que les Indiens ne puissent en profiter. Marqué par cet état de fait, les Péruviens ont voulu se réapproprier la plante et l'ont ainsi fièrement intégré dans leurs armoiries.

 

Certains pays, notamment ceux de l'hémisphère Sud, sont particulièrement visés par ce type de piraterie, car ils constituent de véritables armoires à pharmacie. Selon l'ONU, 62 % des médicaments contre le cancer sont dérivés de la pharmacopée amazonienne.

 

Cependant, les gouvernements de ces pays, à l'image du Pérou, qui depuis 2004 a mis en place une commission de lutte contre la biopiraterie, commencent à réagir.

Actuellement, la commission péruvienne tente de bloquer une demande de brevet sur une plante appelée sacha inchi, ou cacahuète des Incas, très convoitée par l'industrie cosmétique pour son taux record en omega 3. Et parfois, dans cette bataille, David gagne contre Goliath, et une demande de brevet parvient à être annulée. C'est ce qui s'est passé pour l'ayahuasca, une plante convoitée pour ses vertus purgatives.

 

Un biologiste américain a estimé, en 1993, qu'il pouvait la breveter mais il s'agit de la plante sacrée des Amérindiens, qui l'utilisent depuis 5 000 ans lors de cérémonies de guérison.

 

La justice américaine a décrété, en 2003, qu'elle faisait partie du patrimoine mondial et ne pouvait être brevetée.

Par ailleurs, il existe aussi des entreprises plus vertueuses qui n'attendent pas des décisions de justice et tentent d'impliquer les populations locales dans l'exploitation de leurs richesses naturelles, en utilisant le principe du commerce équitable.


Mais malgré la bonne volonté de certaines sociétés et la vigilance des Etats menacés, la biopiraterie pourrait bien continuer à progresser, car selon les Nations unies, sur 250 000 plantes tropicales, seules moins de 1 % ont été testées pour être utilisées dans les préparations pharmaceutiques.

 

Source :

http://www.france5.fr/sante/environnement//W00544/16/

Publié dans AMAZONIA PROTECTION

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