Petit vocabulaire expliqué : le terme VEGAN / le Végétalisme et L'antispécisme

Publié le par Isabella-Vegan-♥

Le terme vegan est un néologisme anglo-saxon parfois traduit par « végétalien ». Il est employé en français aussi bien en adjectif qu'en nom commun. Il est parfois orthographié dans sa forme francisée « végane » ou « véganien ».

 

Au delà du choix d'un régime alimentaire végétalien (ni chair animale, ni sous-produit animal : lait, œufs, miel), un vegan évite tous les produits d'origine animale, que ce soit pour ses habits, chaussures, produits cosmétiques, objets divers, agriculture, loisirs. Les vegans n'utilisent donc ni cuir, ni laine, ni fourrure, ni soie, ni cire d'abeille, ni produits testés sur les animaux.

 

La liste des produits d'origine animale d'usage quotidien serait trop longue à établir, quelques exemples :

  • la gélatine dans les bonbons
  • l'albumine pour filtrer certains jus de fruits
  • la colle de poisson pour blanchir certains alcools
  • du sang ou des os calcinés comme engrais dans certaines formes traditionnelles d'agriculture

 

Le végétalisme, ou végétarisme strict, est une pratique alimentaire qui, comme tout régime végétarien, exclut toute chair animale (viande, poissons, crustacés, mollusques, etc.) ainsi que les produits dérivés des animaux (gélatine, etc.),  qui rejette, de surcroît, la consommation de ce qu'ils produisent (œufs, lait, miel, etc.).

 

Si le végétalien ne consomme donc aucun aliment provenant du règne animal, il ne consomme, cependant, pas uniquement des produits du règne végétal.

 

Il consomme aussi des champignons (règne des Mycota/Fungi), des bactéries (ex. : « bifidus ») et des substances qui ne proviennent pas du monde vivant (ex. : sel, calcium).

 

Un grand nombre de végétaliens motivent leur rejet de toute alimentation d'origine animale par le refus de tuer ou de faire tuer des animaux pour leur chair et de les faire souffrir, citant les exemples des conditions d'élevage des poules en batterie, des poussins mâles des races pondeuses tués sans anesthésie, de la production du lait qui entraîne la séparation du veau de sa mère quelques heures après sa naissance et sa claustration ; et, généralement, par le refus de cautionner moralement l'exploitation des animaux

 

(voir Vegan et antispécisme).

 

Comme pour le végétarisme, les motivations sont également liées à l'aspect écologique, la production de viande demandant de très grandes quantités d'aliments de base, telles les céréales.

 

La nourriture consommée par le bétail mondial permettrait de nourrir 8,7 milliards de personnes, soit plus d'humains qu'il n'y en a sur terre.

Si chaque humain consommait autant de viande qu’un européen (100 kg par an en moyenne),

 

*** il faudrait deux autres planètes pour pouvoir produire suffisamment de céréales simplement pour pouvoir nourrir tout le bétail nécessaire

.

En outre, la production de viande demande beaucoup d'eau (***100 000 litres pour produire 1 kg de boeuf) et d'espace, et génère beaucoup de pollution.

 

Selon un rapport publié par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le secteur de l'élevage émet des gaz à effet de serre qui, mesurés en équivalent CO2 (18 pour cent), sont plus élevés que ceux produits par les transports.

Il est aussi une source principale de dégradation des terres et des eaux.

D'autres adoptent un régime semblable pour des raisons de diététique ou de santé!

 

Pour une grande part, les végétaliens consomment les mêmes aliments que les omnivores : des fruits, des légumes, des légumineuses, des céréales et des champignons. Le « pain de tradition française », les pâtes sans oeufs, les salades, la choucroute sans garniture, les épices, herbes et condiments (moutarde, ketchup, etc.), certains biscuits, et bien d'autres aliments courants, sont végétaliens, sauf en cas de présence d'additifs d'origine animale.

 

Il existe aussi des substituts végétaliens pour de nombreux produits d'origine animale, tels le lait et les yaourts de soja, la mayonnaise sans œufs, les crèmes végétales, les glaces au soja, les substituts de fromage à base de soja, les pâtés végétaux, et les produits à base de gluten ou sans gluten

et de protéines de soja texturées qui possèdent une texture semblable à celle de la viande qui peut aider à faire la transition d'un régime avec viande à sans viande.

 

Les pâtisseries, les crêpes et d'autres préparations culinaires traditionnelles peuvent être confectionnées sans œufs ni produits laitiers.

Elles n'en sont que plus digestes !

 

Souvent, les végétaliens consomment aussi des aliments sans équivalent dans l'alimentation occidentale traditionnelle, tels le tofu, le seitan et le tempeh.

 

De nombreux produits industriels ne conviennent pas aux végétaliens en raison de la présence d'additifs alimentaires d'origine animale.

 

***Par exemple, des produits contiennent des mono- et diglycérides d'acides gras (E471) et de la lécithine (E322) d'origine animale.

 Lorsque la lécithine est extraite du soja, la formule « lécithine de soja » est utilisée.

 

De nombreux autres additifs ne sont pas végétaliens et des listes d'additifs permettent aux végétaliens d'identifier les aliments à éviter.

 

 De plus, la gélatine, obtenue par l'ébullition de la peau animale et des tissus conjonctifs, est notamment utilisée pour clarifier des jus de fruits, des bières et des vins, mais ce n'est pas indiqué car il n'en reste que des traces dans le produit final.

 

Le vin peut être clarifié avec d'autres produits d'origine animale, dont l'oeuf.

 

En outre, de très nombreux produits contiennent des « arômes » et des « arômes naturels » dont l'origine n'est pas mentionnée...

 

**Selon le rapport  de l'Association américaine de diététique et des Diététistes du Canada, un « régime végétalien bien planifié, de même que d'autres régimes végétariens, est adapté à tous les stades de la vie, y compris en cours de grossesse, pendant l'allaitement, la petite enfance, l'enfance et l'adolescence

 

Vitamine B12

 

La vitamine B12, ou cobalamine, est synthétisée par des bactéries.

Hormis la consoude, une plante toxique pour le foie qui peut extraire cette vitamine du sol, les végétaux n'en contiennent pas sauf en cas de contamination.

 

 Des algues, comme la spiruline, contiennent principalement des analogues de vitamine B12 qui ne sont pas utilisables par l'homme; d'autres algues pourraient en fournir de la biodisponible, mais, selon le consensus actuel, les algues ne sont pas une source fiable de vitamine B12.

 

 Quant à la levure de bière, pourtant riche en vitamines B, elle n'en contient pas.

 Chez l'homme, la vitamine B12 est synthétisée dans le colon où elle ne peut pas être absorbée.

 

 La Vegan Society recommande donc à tous les végétaliens de manger des aliments fortifiés en vitamine B12 ou de prendre un complément alimentaire.

Vitamin D

Les personnes à la peau claire peuvent obtenir un apport suffisant en vitamine D en s'exposant de 15 à 20 minutes par jour à la lumière du soleil, alors que les personnes à la peau foncée ont besoin d'une exposition bien plus importante.

 

Il peut être difficile pour les végétaliens vivant dans un environnement à faible ensoleillement de s'exposer assez au soleil durant l'hivers ; dans ce cas, une supplémentation est recommandée.

Calcium

Il est recommandé aux végétaliens de prendre trois portions par jour d'aliments en teneur élévée en calcium, tels que du lait de soja enrichi, des amandes (0.264% de calcium) ou des noisettes (0.114% de calcium) et de prendre si nécessaire des suppléments de calcium .

 

Une étude de EPIC-Oxford a montré que les végétaliens courraient un risque plus élevé de fracture que les personnes mangeant de la viande ou les végétariens non végétaliens, probablement dû à un faible apport en calcium dans l'alimentation, mais elle a aussi montré que dans le cas où cet apport est d'au moins 525 mg par jour (estimation des apports moyens recommandés faisant autorité au Royaume-uni), le risque est identique chez les végétaliens et les autres populations.

 

Une étude sur la densité osseuse établit que les végétaliens ont les os 6% moins denses que ceux des omnivores mais que cette différence était « clinically insignificant » .

 

Une autre étude émanant de la même équipe de chercheurs consistait à examiner 100 femmes végétaliennes ménopausées a amené les chercheurs à conclure que « ...bien que les végétaliens ont un apport alimentaire bien moindre en calcium et en protéines que les omnivores, le végétalisme n'a pas d'effet défavorable sur la densité minérale osseuse et n'altère pas la constitution du corps »(«...although vegans have much lower intakes of dietary calcium and protein than omnivores, veganism does not have (an) adverse effect on bone mineral density (BMD) and does not alter body composition.»)

Selon les auteurs de "L'étude en Chine" (The China Study),

***l'ostéoporose est liée à la consommation de protéines animales par le fait que les protéines animales, contrairement aux protéines végétales, augmentent l'acidité du sang et des tissus et que cette acidité doit alors être neutralisée par l'organisme en utilisant le calcium tiré des os.

 Les auteurs ajoutent que « dans notre étude de la Chine rurale, où le rapport animal sur végétal [en terme d'apport en protéines] était de 10%, le taux de fracture s'élève à seulement un cinquième de celui des Etats-Unis » où la consommation de produits animaux (dont les produits laitiers) est plus importante ( « in our rural China Study, where the animal to plant ratio [for protein] was about 10%, the fracture rate is only one-fifth that of the U.S. » ).

Fer

***Les carences en fer ne sont pas plus courantes chez les végétaliens que chez les non végétaliens.

 

Alors que la consommation de thé ou de café réduit la fixation du fer par l'organisme, la consommation de produits riches en vitamine C, au même moment que celle d'un aliment riche en fer, améliore l'absorption de celui-ci.

 

Les recommandations en fer pour les végétaliens sont les suivantes : 16 mg par jour pour les hommes et les femmes après la ménopause; 36 mg par jour pour les femmes avant la ménopause.

Femmes enceintes

L'alimentation des femmes enceintes et celle des nourrissons doivent faire l'objet d'une attention particulière. L'Association américaine de diététique et les Diététistes du Canada conseillent aux végétaliennes susceptibles d'avoir un enfant de prendre quotidiennement de la vitamine B9 sous forme de complément ou d'aliments enrichis, et recommandent que les végétaliennes enceintes et allaitantes absorbent, chaque jour, de la vitamine B12, qu'elles consomment un précurseur de DHA (graines de lin, huile de lin, huile de colza, huile de soja) ou un complément végétarien en DHA, et qu'elles se supplémentent en vitamine D et en fer si nécessaire.

Protéines

Les protéines sont composées d'acides aminés. Chez l'homme, huit acides aminés sont dits essentiels car le corps ne peut pas les synthétiser : ils doivent donc être apportés par l'alimentation.

Deux autres acides aminés sont dits semi-essentiels car le nourrisson doit les puiser dans son alimentation.

 

Tous les acides aminés essentiels sont présents, en bonnes proportions, dans les protéines d'origine animale mais, généralement, les légumineuses ont une teneur relativement faible en tryptophane et méthionine, et les céréales en lysine.

***Selon l'Association américaine de diététique et les Diététistes du Canada, les « protéines végétales peuvent à elles seules satisfaire les besoins nutritionnels si une alimentation végétale variée est consommée et que les besoins en énergie sont satisfaits »

En effet, l'acide aminé http://fr.wikipedia.org/wiki/Acide_amin%C3%A9_essentiel#Les_paires_alimentaires

limitant (celui qui est le moins présent) n'est pas le même dans tous les végétaux: il est donc possible d'obtenir tous les acides aminés essentiels en consommant, au cours de la journée, des végétaux dont les protéines se complémentent (par exemple, ***du riz et des haricots).

 

Le soja est un cas particulier car sa protéine contient les huit acides aminés essentiels en bonnes quantité et proportions :

***« la protéine de soja peut couvrir les besoins en protéines aussi efficacement que les protéines animales  ».

 

Les fruits oléagineux, les légumineuses, les graines et la levure de bière (qui est un champignon et non un végétal) sont de bonnes sources de protéines.

 

 

*** Dans les pratiques alimentaires on distingue:

Dans les pratiques alimentaires traditionnelles les repas principaux comportent une paire constituée d'une graine L-M+ et d'une graine L+M- (ce qui est le plus souvent indiqué comme paire céréale/légumineuse).

 

L'antispécisme affirme que le critère de l'espèce à laquelle appartient un être n'est pas, en soi, moralement pertinent pour décider de la manière dont on doit le traiter, du respect qu'on lui doit, des droits qu'on doit lui accorder, etc.

 

Il s'ensuit en pratique que l'antispécisme s'oppose à l'exploitation et la maltraitance des individus d'autres espèces animales de la part des humains.

En particulier, la consommation de la viande, qui implique de tuer des animaux, et, en pratique, de les soumettre à des conditions d'élevage qui ne tiennent pas compte de leurs intérêts, est remise en cause. Au-delà de telles conséquences pratiques, le rejet du spécisme est souvent vu comme porteur d'implications philosophiques, culturelles et politiques profondes. Les antispécistes encourent régulièrement le reproche d'anti-humanisme.

Le mot « spécisme » (speciesism en anglais) a été introduit en 1970 par le britannique Richard Ryder et repris en 1975 par le philosophe utilitariste Peter Singer.

 

Peter Singer précise, dans son livre La Libération animale :

Je soutiens qu'il ne peut y avoir aucune raison — hormis le désir égoïste de préserver les privilèges du groupe exploiteur — de refuser d'étendre le principe fondamental d'égalité de considération des intérêts aux membres des autres espèces.

L'égalité que prône l'antispécisme concerne les individus, et non les espèces. Les intérêts des individus (à vivre une vie heureuse, à ne pas souffrir) doivent être pris en compte de manière égale, indépendamment de l'espèce de ces individus. L'espèce peut intervenir, mais uniquement dans la mesure où il en résulte quelque caractéristique pertinente pour la détermination des intérêts. C'est pourquoi il est moins grave, écrit Singer, de donner une claque (de même intensité) à un cheval qu'à un bébé humain ; car la peau du cheval est plus épaisse que celle du bébé, et sa souffrance effective sera donc moindre.

Ainsi, les auteurs antispécistes ne prônent pas nécessairement une égalité de traitement ou une égalité des droits ; tout comme il serait absurde d'accorder à un homme (mâle) le droit à l'avortement, il est absurde d'accorder à une poule le droit de fréquenter l'université. Les différences de traitement ou de droits ne sont cependant justifiables qu'en fonction de caractéristiques individuelles, et non collectives. Si le mal qu'il y a à tuer un être dépend de la capacité qu'a cet être à se projeter dans l'avenir (thèse que défend Singer), il est plus grave de tuer un être humain adulte normal que de tuer une vache ; mais il est plus grave aussi de tuer une vache, qui possède cette capacité à un certain niveau, que de tuer un nouveau-né humain, qui ne la possède presque pas (en pratique, il est nécessaire de tenir compte aussi de la douleur éventuelle causée aux parents et aux proches, dans un cas comme dans l'autre).

L'antispécisme n'implique aucun discours sur les « intérêts des espèces » ; il n'apparaît pas du tout évident qu'une espèce, entité collective, ait en tant que telle un intérêt quel qu'il soit, y compris un intérêt à survivre. L'antispécisme ne s'offusque pas particulièrement de la disparition d'une espèce ; l'intérêt à vivre de la dernière baleine bleue n'est pas plus important que celui de chacun des centaines de millions de poulets qui sont abattus chaque jour.

 

Peter Singer est utilitariste, mais d'autres auteurs antispécistes rejettent l'utilitarisme, et se fondent sur des théories éthiques d'inspiration plus kantienne (Tom Regan, en particulier), et mettent en avant les droits des animaux. Paola Cavalieri, dans son article Combien les animaux comptent-ils ?, énumère cinq positions morales qui remettent en question la discrimination spéciste.

De façon générale, cette remise en cause est principalement négative : quels que soient les fondements que l'on se donne pour une éthique, l'espèce, étant une simple caractéristique biologique, ne peut être une caractéristique pertinente, affirme-t-elle.

 

***Dans presque toutes les cultures, l'Homme considère comme normal d'exploiter ou de tuer des individus d'autres espèces, parce qu'elles sont considérées tantôt comme profitables, tantôt comme nuisibles.

 

Enfin, de nombreuses cultures pratiquaient des sacrifices animaux et humains.

Les sacrifices d' animaux sont encore pratiqués!!

 

Le militantisme antispéciste recherche une véritable révolution morale, un changement radical de la manière de penser.

 

Certaines religions majeures paraissent se rapprocher de l'antispécisme. La croyance en la réincarnation dans le bouddhisme, l'hindouisme et le jaïnisme amène à proscrire la consommation des animaux et à éviter autant que possible de les tuer ou de les faire souffrir.

 

 La notion d'être sensible, qui, quelle que soit l'espèce à laquelle il appartient, procède de l'esprit fondamental du Bouddha, est centrale dans le bouddhisme. C'est parce que tous les animaux sont dotés de cette âme commune à tout être vivant qu'il convient de ne pas les tuer (voir à hindouisme, « l'ahimsa, le végétarisme et la vache sacrée »).

 

Tous les textes sacrés, qu'ils soient hindous, bouddhiste ou jaïn, enseignent le respect envers toutes les créatures vivantes (notion de l'ahimsa) comme valeur suprême et idéal le plus élévé.

 

***Si vous avez des questions ou des infos à ajouter , vous pouvez le faire dans les commentaires, merci par avance♥

Publié dans VEGANISM

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