Droits Humains et Coupe du Monde

Publié le par Isabella-Vegan-♥

Non seulement des animaux ont été massacrés par des fanatiques pour soi disant bénir les lieux mais d' importants problèmes se posent  en matière de droits humains en Afrique du Sud pendant la Coupe du monde

 

Violations des droits humains avant  de la Coupe du monde

Les actes de harcèlement menés par la police contre des vendeurs des rues (camelots), des Sud-Africains sans domicile fixe et des réfugiés et migrants vivant dans des centres d'accueil ou des logements surpeuplés dans les quartiers pauvres ont augmenté.

Ce harcèlement se traduit par des descentes de police, des arrestations arbitraires, des mauvais traitements et de l'extorsion ainsi que par la destruction de logements informels.

Ces destructions ont lieu sans avertissement préalable, en l'absence de toute proposition de solution de relogement satisfaisante ou de compensation, et au mépris du droit national, qui interdit les expulsions forcées.

La réglementation adoptée dans les villes hôtes pour respecter les exigences de la FIFA est utilisée par la police pour éloigner les vendeurs ambulants de sites à accès contrôlé et de zones d'exclusion aux alentours des lieux accueillant la Coupe du monde. Les infractions à cette réglementation sont passibles d'amendes pouvant atteindre 10 000 rands (environ 1 000 euros) et de peines pouvant aller jusqu'à six mois de prison.

En mai 2010, des camelots ont protesté devant le centre des opérations de la FIFA à Soweto pour demander que les autorités mettent un terme aux expulsions et aux mesures perturbant leurs activités à proximité des stades de football. Ailleurs, des tensions sont apparues entre la police et les vendeurs des rues, des policiers ayant confisqué les marchandises de ces derniers dans le but de « nettoyer » les rues en amont de la Coupe du monde.

Violences xénophobes

Au cours des cinq premiers mois de 2010, au moins 11 cas d'attaques et de pillages avec violence de magasins appartenant principalement à des ressortissants somaliens ou éthiopiens ont été recensés dans cinq provinces.

Ces flambées de violence coïncident souvent avec des manifestations publiques visant à protester contre la corruption et contre le fait que les autorités locales ne fournissent pas certains services de base aux quartiers pauvres.

Les migrants et les réfugiés sont perçus par certains comme des rivaux sur le plan de l'emploi, du logement et des opportunités économiques, et deviennent la cible de violences lors des manifestations. Cependant, les attitudes xénophobes alimentent aussi ces violences et semblent être à l'origine du manque d'empressement de la police à réagir voire, dans certains cas, de sa complicité dans les agressions. Il est très difficile pour les victimes d'obtenir justice et réparation.

Début juin, le gouvernement a répondu aux appels de la société civile sud-africaine, d'Amnesty International et d'autres organismes, qui lui demandaient de porter le plus rapidement possible son attention sur les éléments pouvant indiquer d'éventuelles violences xénophobes à grande échelle, en particulier les menaces adressées à des réfugiés et à des migrants affirmant qu'« après la Coupe du monde », ils seraient de nouveau chassés de leur quartier ou du pays.

Après la réunion des ministres le 2 juin, le gouvernement a annoncé la mise en place d'un comité interministériel chargé de se pencher sur les attaques et les menaces visant des ressortissants étrangers, et il a promis que les organes chargés de l'application des lois agiraient promptement contre toute personne incitant ou participant à des actes de violence visant des ressortissants étrangers. Amnesty International salue cette décision.

Crimes violents et maintien de l'ordre

Les forces de sécurité ont prévu des mesures pour assurer la sécurité des stades de football et d'autres lieux où des rassemblements de fans et de visiteurs sont attendus.

Ces plans inspirent quelques inquiétudes à Amnesty International. Premièrement, les énormes ressources ayant dû être déployées en prévision de la Coupe du monde, en grande partie en réponse aux exigences fixées par la FIFA, auront des conséquences sur la sécurité des Sud-Africains, en particulier ceux qui vivent dans les zones les plus pauvres, où le maintien de l'ordre et la prévention de la délinquance relèvent déjà du défi.

Les réfugiés et les migrants, qui ne parviennent déjà pas obtenir une protection policière efficace contre les attaques xénophobes, pourraient devenir de plus en plus vulnérables.

Deuxièmement, le fait que la priorité soit donnée à la protection des visiteurs pourrait conduire la police à recourir à la force meurtrière contre des suspects de manière abusive et contraire aux normes internationales relatives aux droits humains. Les plans d'urgence de la police liés à l'« extrémisme national » et aux « manifestations » ne doivent pas entraîner de recours excessif à la force ni porter atteinte au droit de rassemblement pacifique des manifestants.

Amnesty International et d'autres organismes ont constaté une augmentation du nombre de cas de torture de suspects dans le cadre d'informations judiciaires, de recours excessif à la force contre des manifestants et de décès dus à un usage abusif de la force meurtrière en 2009. Dans la province du KwaZulu-Natal, le nombre de tirs meurtriers effectués par la police a augmenté de 47 % au cours des deux dernières années.

Dépenses pour la Coupe du monde

L'Afrique du Sud est confrontée à des difficultés socio-économiques majeures et le gouvernement lutte pour faire face de manière efficace au taux de chômage qui se maintient à un niveau élevé, aux fortes inégalités et aux disparités dans la mise à disposition de services de base aux communautés pauvres, urbaines ou rurales.

Amnesty International ne se prononce pas sur les dépenses engagées par le gouvernement en relation avec l'organisation d'événements sportifs de renommée planétaire. Les préparatifs de la Coupe du monde semblent avoir donné lieu à la création d'emplois temporaires ; il est par ailleurs possible que le développement de meilleures infrastructures de transport public ait des effets positifs à long-terme.

Cependant, des manifestants issus des couches pauvres de la population continuent à déplorer le fait que la majorité des Sud-Africains restent exclus des retombées bénéfiques de l'organisation de la Coupe du monde dans le pays.

Les dispositions appliquées en vertu des règlements de la FIFA, qui créent de vastes zones d'exclusion pour l'économie souterraine, sont perçues comme particulièrement néfastes dans un pays où une grande partie de la population dépend entièrement du secteur informel pour survivre.

L'un des principaux axes de campagne d'Amnesty International en Afrique du Sud consiste à faire en sorte que les services de santé spécialisés dans la prévention et le traitement du VIH et dans les soins qui y sont liés soient rendus plus accessibles à tous, sans discrimination, et en particulier aux femmes vivant dans des zones rurales isolées.

Le gouvernement a récemment lancé une nouvelle campagne visant à combattre l'épidémie du sida. Il va devoir montrer la même détermination que celle, évidente, dont il fait preuve dans le cadre des préparatifs de la Coupe du monde. Il faut notamment qu'il s'attaque aux difficultés liées aux transports, entre autres, qui représentent un obstacle au droit à la santé pour ces femmes, touchées de manière disproportionnée par cette épidémie.

Amnesty International appelle le gouvernement d'Afrique du Sud à :
  • mettre un terme aux arrestations arbitraires et aux autres atteintes dont sont victimes des migrants et des Sud-Africains pauvres, notamment des vendeurs des rues, et qui constituent une application abusive d'arrêtés municipaux et de la règlementation en rapport avec la Coupe du monde ;
  •  
  • diligenter une enquête indépendante et exhaustive sur les allégations d'atteintes commises par la police et les autorités de gouvernements locaux, et faire en sorte que les victimes de ces atteintes obtiennent justice et compensation ;
  •  
  • veiller à ce que tout usage de la force par la police dans le but de maintenir l'ordre public soit proportionné et réponde aux normes internationales en matière de droits humains ;
  •  
  • garantir la mise en place rapide de mécanismes efficaces de prévention et de réaction d'urgence, ainsi que l'instauration de mesures visant à combattre l'impunité pour les crimes commis contre des réfugiés et d'autres personnes nécessitant une protection internationale ;
  •  
  • redoubler d'efforts dans sa lutte contre les atteintes persistantes aux droits des femmes à la dignité et à l'égalité, droits essentiels des programmes de prévention et de traitement du VIH.

Pour en savoir plus

Stand Up United : une équipe internationale qui défend les droits humains

Stand Up United

Les équipes de football sont constitués  pour la Coupe du Monde 2010 en Afrique du Sud. Mais une autre équipe, Stand Up United, est elle aussi déterminée à relever le défi avec ses 11 défenseurs des droits humains des quatre coins du monde.

 

Ces défenseurs ont un but commun : l'égalité, la dignité et la justice pour tous.

 

Quels que soient les droits qu'ils défendent, les membres de Stand Up United savent que la partie n'est pas gagnée d'avance. Mais avec votre soutien, ils peuvent gagner.

Soyez vous aussi un champion des droits humains : soutenez l'équipe Stand Up United !

LES DÉFENSEURS

Moukhmed Gazdiev, Russie

Russie

Moukhmed Gazdiev

Moukhmed Gazdiev est toujours à la recherche de son fils qui aurait été enlevé en 2007 en République d'Ingouchie (Russie). Il milite sans relâche pour sensibiliser l'opinion publique au rôle joué selon lui par les forces de sécurité dans ces disparitions.

Nataša Kandić, Serbie

Serbie

Nataša Kandić

Nataša Kandić est une avocate serbe qui milite en faveur des droits humains. Elle lutte contre l'impunité pour les crimes de guerre commis par l'armée, la police et les forces paramilitaires serbes en ex-Yougoslavie dans les années 1990.

Dhondup Wangchen, Chine

Chine (Tibet)

Dhondup Wangchen

Dhondup Wangchen a été arrêté par la police en 2008. Il est incarcéré pour avoir réalisé le documentaire Leaving Fear Behind, dans lequel des Tibétains s'expriment sur la situation des droits humains au Tibet.

Shadi Sadr Iran

Iran

Shadi Sadr

Shadi Sadr est avocate en Iran. Elle a défendu avec succès des femmes qui avaient été condamnées à mort. Elle est également journaliste et milite en faveur des droits des femmes. La photo ci-contre a été prise il y a quatre ans, alors qu’elle vivait encore en Iran, lors d’un rassemblement organisé pour réclamer l’abrogation des lois iraniennes discriminatoires à l’égard des femmes.

Haj Sami Sadeq, Israël et territoires palestiniens occupés

Israël et territoires palestiniens occupés

Haj Sami Sadeq

Haj Sami Sadeq est un militant associatif palestinien du village d'Al Aqaba, situé dans les territoires occupés de Cisjordanie. En tant que chef du conseil du village, il est confronté aux défis qu'engendrent les restrictions imposées aux Palestiniens.

Amina Janua, Pakistan

Pakistan

Amina Janjua

Amina Janjua vit au Pakistan. Son mari serait détenu par les autorités pakistanaises depuis sa disparition, en 2005. Déterminée, elle demande sans relâche au gouvernement de révéler où se trouvent les centaines de personnes qui ont ainsi disparu.

Joel Nana Cameroun

Cameroun

Joel Nana

Joel Nana est né au Cameroun et il milite en faveur du droit à la santé pour les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres en Afrique du Sud, au Malawi, au Nigeria, en Ouganda, au Sénégal et dans toute l'Afrique.

Père Alejandro Solalinde, Mexique

Mexique

Père Alejandro Solalinde

Le père Alejandro Solalinde consacre sa vie à offrir un refuge aux migrants. Des voisins, de bandes criminelles et des autorités locales xénophobes s'en sont pris à lui en raison de son action solidaire.

Claudia Lema, Pérou

Pérou

Claudia Lema

Claudia Lema veut que moins de femmes meurent inutilement en couches. Elle est résolue à aider les femmes des communautés indigènes du Pérou à faire pression sur le gouvernement pour obtenir des services de santé correspondant à leurs besoins.

« P. » (Anonyme), Afrique du Sud

Afrique du Sud

« P. » (Anonyme)

P. (Anonyme) est une militante associative qui lutte contre les attitudes négatives à l'égard des femmes dans une zone rurale défavorisée d'Afrique du Sud. Elle soutient aussi des femmes victimes de violences conjugales ou porteuses du VIH.

Wilter Nyabate, Kenya

Kenya

Wilter Nyabate

Wilter Nyabate habite à Kibera, le plus grand bidonville de Nairobi. Mère de deux enfants, elle nourrit seule sa famille. Malgré cela, elle milite pour dénoncer les conditions intolérables dans lesquelles doivent vivre les habitants de son quartier.

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article